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Un phénomène dramatique pour les vignerons : les gelées de printemps !

Les cavistes vendent le vin. Les vignerons créent le vin. La nature donne les raisins.

Mais celle-ci peut décider de donner les raisins ou de nous en priver, au plus grand désarroi des vignerons et amateurs de la boisson des dieux.

Parmi les plus grande craintes des créateurs viticoles, en cette période, nous retrouvons les gelées de printemps. Ce sont ces gelées qui arrivent après le débourrement, premier cycle végétatif de la vigne à la sortie de l’hiver, qui voit l’éclosion des bourgeons où ceux-ci se développent.

Lorsque la température descend et entre dans les négatifs, les premiers bourgeons encore très fragiles commencent à brunir et se dessécher, empêchant tout potentiels futurs développements végétatifs et de grandes pertes de récolte.

Et ces derniers jours, la météo s’est montrée très menaçante dans de nombreuses régions viticoles en France avec des baisses de températures allant jusqu’à -7 degrés dans la région du Chablisien, une des régions les plus touchées par ce phénomène de gelées de printemps.

Mais que peuvent faire les vignerons face à ce phénomène ? Ils existent certaines actions, coûteuses et parfois vaines.

Les vignerons, essentiellement dans le Chablisien et ses parcelles les plus valorisées, s’équipent pour faire face à la menace de moyens variés comme les chaufferettes à fioul, ou paraffine en agriculture biologique, à bois ou à granulés qui réchauffent l'air de quelques degrés.

Certains utilisent aussi des méthodes plus ou moins variées, du cable chauffant, hélicoptère ou éolienne pour brasser l’air, jusqu’au brûlage de paille pour créer un écran de fumée. D’autres vignerons ont opté pour l’eau, il y a déjà plus de 40 ans, avec des systèmes d’asperseurs afin d’arroser la vigne et ainsi permettre à l’eau gelée de créer une coque autour des bourgeons et protéger ceux-ci du gel.

Ces outils ne peuvent malheureusement être utilisés par tout le monde car ils sont très couteux.

D’autres vignerons travaillent avec des tisanes de plantes. Les vignerons en biodynamie (méthode agricole biologique dérivée de la pensée de Rudolf Steiner) ont dispersé des infusions de plantes notamment de valériane, thym, origan, sariette, reine-des-prés. Une méthode préventive afin de préparer la vigne au froid en modifiant un peu la composition de la sève et en l’enrichissant en sucre afin d’abaisser le point de gelée des très jeunes bourgeons. Cette méthode a malheureusement ses limites et fonctionne uniquement si les températures ne descendent pas trop bas.

Suite aux deux dernières très fraiches et sévères nuits, les régions du Val de Loire, de Champagne, d’Alsace et de Bourgogne ont été très sévèrement touchées. Il est encore tôt pour estimer le taux de perte mais certains vignerons s’attendent au pire.

C'est un devoir pour nous, cavistes, consommateurs, amateurs, hédonistes, petits et grands buveurs, de soutenir les vignerons durement touchés par la baisse des ventes de cette année ô combien compliquée et le triste phénomène des gelées printanières. Et pour les soutenir, le meilleur moyen reste de continuer à acheter, déboucher et savourer leurs précieux précédents millésimes !

A très bientôt au Brassin.
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